L’enfant et la mort : importance d’un rituel de passage.

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Le passageNos enfants vont rencontrer la vie, et, bien sûr, tous les évènements de la vie. Naturellement ils vont rencontrer des naissances, l’entrée dans un nouvel établissement scolaire, le passage de l’enfance à l’adolescence, puis à l’âge adulte. Ils vont peut-être se marier et avoir à leur tour des enfants. Pourquoi pas ? Écrire des articles sur la vie… Ainsi va la vie.

À ce sujet j’aime bien cette publicité pour un organisme financier qui s’appuie sur le cycle des saisons et des générations pour nous parler de prévoyance et de retraite. L’une des seules choses que je n’ai pas citées dans cette liste c’est : LA MORT. Et pourtant ils vont aussi rencontrer la mort, peut-être, la mort d’un animal, ou d’un grand parent, voire d’un parent proche ou d’un membre de la fratrie. Et ils « vont devoir » affronter le deuil face à la mort. Affronter ? Ou s’approprier ? Se battre contre ou avec ?

Pour répondre à cette question, il faut d’abord définir ce qu’est le deuil :

Le deuil est un mécanisme psychologique naturel d’adaptation
à une perte, ou un arrachement, d’une personne, ou d’une situation.

Comme vous pouvez le constater, le deuil est tout d’abord un phénomène naturel ! C’est-à-dire que pour vivre un deuil il n’y a rien à faire ! Enfin ça c’est la théorie, mais en réalité, il y a des obstacles qui empêchent le deuil de démarrer.

  1. La non-conscience de la situation : Je ne sais pas que j’ai un deuil à vivre. Je passe à côté de l’information nécessaire à ma prise de conscience que j’ai perdu l’être aimé. Et bien entendu, le deuil ne peut pas commencer.
  2. Le refus de la situation, que l’on appelle aussi le déni. Je ne veux pas accepter la situation.
  3. La révolte contre la nécessité de vivre des émotions qui peuvent être perçues comme désagréables. Cette révolte anesthésie la personne et revient au déni.

Une fois ces trois grands obstacles dépassés, effectivement il n’y a rien à faire sauf peut-être de s’accompagner pour que cela soit moins désagréable au début. Car une fois que la phase initiale de déni et/ou de refus est passée, le deuil va se faire. Quoi que vous fassiez, le deuil se fera. Je reviendrai dans d’autres articles sur les phases suivantes du deuil)

Alors, comment aider nos enfants à passer cette première phase ? Pour répondre à cette question, je vais en poser une autre. Connaissez-vous la fonction d’un rituel ? Bon, alors ? Bien, ne faisons pas durer le suspense. La fonction d’un rituel est d’accompagner le passage d’un espace à un autre espace. Par exemple à passer d’un espace profane à un espace sacré et vice versa. À passer d’un état à un autre état. Je suis à l’extérieur du cabinet de mon psychologue et je passe à l’intérieur de ce cabinet et pour m’aider le psychologue me pose TOUJOURS les mêmes questions d’accueil. Dans la vie courante, nous avons toute une série de rituels de passage d’un état à l’autre. Le rituel du réveil, voire celui du coucher nous accompagnent chaque jour et permettent un passage harmonieux du jour à la nuit.

Pour aider nos enfants, nous pouvons utiliser donc : un rituel de passage. Lequel ? Pour certains ce sera la veillée funèbre autour de prières, en se racontant la vie du défunt. Où la soirée dans la cuisine avec les amis en buvant des cafés pour rester éveillé. Pour d’autres ce sera la cérémonie à l’église, ou dans un lieu de culte. Pour d’autres ce sera la lors de la mise en terre autour du cercueil ou au funérarium. Nos enfants ont besoin de ces rituels adaptés au passage, pour accompagner la perte d’un être cher. Ces bougies allumées auxquelles on confie un message. Cet encens que l’on brule pour porter un message vers le défunt.

L’enfant à besoin de se sentir soutenu dans cette épreuve, de même que nous avons besoin de cela. Pourquoi vouloir l’écarter de la réalité de la vie en le privant de l’accompagnement vers la mort ? L’écoute, le partage, est préférable à la télévision. Vouloir cacher la mort à un enfant pour le protéger ? Alors qu’aux informations il va apprendre que des gens se suicident, ou que des enfants meurent sous les balles de terroristes. Il risque de rencontrer la mort, au coin de chaque jeu vidéo, et certains voudraient leur cacher la mort de leurs proches ? Est-ce bien raisonnable ?

L’important dans ces rituels et que l’enfant veuille y participer et que les adultes l’accompagnent vraiment ! Vous n’avez pas de rituels ? Vous ne savez pas comment leur en parler ? Et si vous m’appeliez ?

Chanson « On se retrouvera » de Francis Lalanne, du film « Le passage » avec Alain Delon

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